La culture du gratuit

L’autre jour j’ai entendu des artistes de variété se plaindre du téléchargement illégal en disant que la création artistique n’y survivrait pas. Il se peut effectivement que le commerce de l’art musical soit affecté négativement par le téléchargement illégal et de l’échange de fichiers, mais de là à dire que l’art n’y survivrait pas, il y a de l’espace.
Un artiste a un potentiel de création qui doit s’exprimer, même si cela ne rapporte pas d’argent. Peut-on imaginer un Picasso, ou un Jean-Sébastien Bach s’abstenant de créer sous prétexte que leurs œuvres ne trouveraient pas acheteur?
Non bien sûr le vrai créateur éprouve un irrésistible besoin de s’exprimer à travers une œuvre d’art et l’argent ou le bien matériel ne sont que des conséquences annexes. Rien ne saurait empêcher la création artistique et nombreux sont ceux qui n’ont connus la gloire qu’après leurs disparitions. Pour ceux là, l’argent na concerné que ceux qui possédaient leurs œuvres au moment de la célébrité de celles-ci, sans n’avoir rien créé.
Croyez-vous que les œuvres des compositeurs des musiques traditionnelles que nous jouons et écoutons aujourd’hui aient rapporté quoique ce soit à ceux-ci ? Peut-être même ont-elles plus rapporté à ceux qui les ont interprétés des années ou des siècles plus tard.
Certes l’industrie de la prise de son à la reproduction a introduit un fort investissement dans le monde musical, mais il reste toujours possible de composer et jouer avec un minimum de matériel. C’est encore plus vrai de nos jours car les possibilités techniques d’enregistrement et de distribution sont à la portée du plus grand nombre.
On pourrait même imaginer des radios Internet ou des serveurs de fichiers audio basés sur un système similaire à l’Open Source. Les groupes de musiciens déposeraient leur enregistrements qui seraient ensuite disponibles en libre écoute.
Utopique ! Certes, mais on peut rêver un monde meilleur.

Bon mois de février musical à tous.